Projet associatif

Association Enfance Adolescence Emploi Education

PRÉAMBULE

 1/ Un projet associatif : pourquoi ?

L’économie sociale et les associations en particulier, souvent nommées « tiers secteur » s’inscrivent dans une interface entre le secteur public et le secteur privé lucratif.

Cette « non-démarcation » entraîne des contradictions et des paradoxes. Le CODASE a l’ambition de relever les défis qui s’y rattachent.

Opérateur des politiques sociales et espace d’initiative et d’innovation, notre Association est bien gestionnaire d’un dispositif d’accueil, d’éducation et d’accompagnement auprès de jeunes et d’adultes en difficulté sociale avec pour souci une adaptation constante.

La légitimité du CODASE repose sur :

– le sens qu’il donne à ses actions et à son développement dans la mise en œuvre des politiques d’éducation, de prévention,

d’accompagnement, d’insertion, de soins ;

– l’engagement de ses salariés et des administrateurs.

Travail de réflexion collectif, le projet associatif du CODASE a été conçu comme le moyen :

– de confirmer ses valeurs avec le souci de les vivre dans tous les lieux d’accueil des usagers,

– d’affirmer son identité, ses spécificités, ses savoir-faire enrichis par 50 ans d’expérience,

– de mettre en œuvre la qualité du service rendu à l’usager dans un contexte en pleine mutation et ainsi renforcer sa crédibilité,

– de rassembler, de mobiliser les forces vives de l’Association avec pour référence un document cohérent qui fédère.

2/ Un projet associatif : pour qui ?

Le projet associatif est un document destiné à un large public dans toute l’étendue de sa diversité.

Il s’adresse tout d’abord aux relations que le CODASE établit avec ses « partenaires intérieurs » et ses trois composantes :

– les usagers et les familles,

– les professionnels qui les accompagnent,

– les administrateurs et experts chargés de la responsabilité associative.

Vers eux, le projet associatif se tend pour construire une cohérence autour des valeurs partagées et créer l’adhésion la plus large possible aux orientations et choix retenus dans l’action.

Ainsi dynamiser et rassembler les forces vives de l’Association vers des objectifs connus, librement acceptés, c’est créer le sentiment d’appartenance à une œuvre affirmée.

Le projet associatif s’adresse aussi à ses partenaires extérieurs :

– les autorités de contrôle et l’ensemble des services qui les composent,

– les autres associations du secteur social avec lesquelles un réseau de relations transversales doit être conforté et développé,

– le grand public vers lequel un effort soutenu dans le domaine de la communication mérite d’être engagé.

C’est en effet par la présentation d’un projet associatif clair, étayé par des valeurs et des principes nommés et « mis en acte » que le CODASE peut faire valoir auprès de ses partenaires :

– sa spécificité associative,

– sa technicité et la crédibilité qui peut être accordée à son action,

– sa volonté de participer en tant qu’acteur partenaire à l’élaboration de la politique départementale.

Le projet associatif est le document fondateur de tous les documents institutionnels inscrits dans les textes en vigueur.

I – Les origines et l’évolution du CODASE

Parce que nous pensons que chaque jeune a une place…

Des anciens déportés figuraient parmi les fondateurs de l’Association Dauphinoise des Foyers de Jeunes (ADFJ), lors de la réunion du 30 novembre 1954.

Pour eux, l’éducation devait être un facteur d’émancipation.

Ils refusaient le déterminisme, voulant voir en la jeunesse une chance d’avenir plutôt qu’un danger.

Le 17 juin 1958, l’ADFJ était habilitée à recevoir, au titre de l’ordonnance du 2 février 1945, des mineurs délinquants dans son foyer de semi-liberté « Les Alpes » 78 avenue Jean Perrot.

À partir de ce foyer, le développement de l’Association a été constant. Juin 1966 : création du premier club de prévention sur le quartier de Teisseire; juillet de la même année : celle du service de placement en milieu ouvert qui deviendra par la suite le service d’Action Educative en Milieu ouvert.

Le 23 juin 1966 est une date importante puisque l’Association Dauphinoise des Foyers de Jeunes prend la dénomination de Comité Dauphinois d’Action Socio Educative.

Celui-ci est constitué aujourd’hui de 6 pôles d’actions diversifiés :

1. l’éducation et l’insertion sociale,

2. la prévention,

3. l’hébergement,

4. le soutien parental,

5. la médiation,

6. le soin ;

de 8 établissements ou services et de plus d’une trentaine d’implantations, sur Grenoble, l’agglomération, le grand Voironnais. Le CODASE participe à la gestion des Maisons des Adolescents en Isère.

 II – Le CODASE : une éthique de la responsabilité et de la conviction

Le CODASE affirme quatre valeurs essentielles :

Le respect de la personne.

La laïcité républicaine.

Un engagement citoyen.

Une gestion intègre.

Envers la personne

Considérer la personne telle qu’elle est.

Reconnaître le droit à la différence, que cette différence soit celle des origines, de la religion, du sexe, de la naissance. Il s’agit de reconnaître la personne quelles que soient ses fragilités, ses handicaps ou l’image qu’elle véhicule.

Envisager la personne dans sa globalité : individu, être social inscrit dans une histoire.

Croire que tous les déterminismes peuvent être levés.

Permettre au potentiel de la personne de s’exprimer par un accompagnement humain de qualité, d’écoute et d’espérance en l’homme.

Dans l’action

Placer l’intérêt de la personne et de son milieu environnemental au cœur de notre action.

Ce principe conduit le CODASE à rechercher l’innovation et l’adaptation constante des modes et modalités de l’accompagnement.

Inscrire l’action dans un principe de participation et ce dans toutes les actions auprès des usagers et de leur famille, auprès des salariés de l’Association comme avec les partenaires extérieurs.

Dans l’éthique professionnelle

Garantir par le professionnalisme la qualité de notre action. Cette notion de professionnalisme est une notion large qui englobe technicité, compétences et engagement. Ce principe implique une anticipation des besoins des personnes et des évolutions sociétales.

La conviction est à l’engagement ce que la responsabilité est à la compétence et à la délégation.

L’Association souhaite développer la compétence de ses professionnels et de ses administrateurs : c’est elle qui rend possible l’exercice de la délégation et de la responsabilité. Le travail mené par les divers services du CODASE suppose des convictions affirmées et un engagement permanent.

L’engagement porte en lui promesse et espoir d’un avenir meilleur pour les enfants, les jeunes majeurs et leur famille.

L’éthique de la responsabilité repose sur les principes de rigueur (gestion, évaluation, démarche-qualité), de transparence dans les décisions, les choix politiques et techniques. Ceci implique le souci de vivre une gouvernance associative (instances du pouvoir politique et délégation technique) toujours plus effective et efficace.

III – Le CODASE : un acteur social en dynamique

1/ Promouvoir une économie solidaire et de solidarité

L’Association est à la confluence du secteur non marchand (issu de la redistribution sociale par l’Etat et/ou les collectivités locales) et du secteur marchand (du fait de ses activités de production au service de l’insertion).

L’Association se caractérise par la non-lucrativité ; les excédents ne sont pas redistribués mais mis au service des projets et du développement institutionnels, avec l’accord des organismes financeurs.

2/ Développer les capacités d’innovation et d’expérimentation

L’Association s’inscrit dans une logique de développement en vue d’adapter, de transformer, de créer, de regrouper des actions pour répondre au mieux (quantitativement et qualitativement) aux besoins toujours mouvants des populations accueillies.

Elle veille à ce qu’une trop grande institutionnalisation ne fige ni les pratiques ni les acquis, même si tout développement nécessite des structurations efficientes.

— Mettre une technicité, des compétences au service de la mission :

Les personnes ont droit à un service de qualité qui nécessite une adaptation des métiers, des techniques de prise en charge et d’accompagnement. La mobilité, la formation continue, le perfectionnement sont des impératifs qui supposent une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

— Contractualiser les missions avec les pouvoirs publics :

Considérant la logique gestionnaire qui a prévalu avec raison ces quinze dernières années, l’Association veut s’inscrire dans une stratégie de contractualisation fondée sur l’expertise et l’anticipation.

Ceci suppose :

- qu’elle conquière la marge de manœuvre qui doit être la sienne ;

- qu’elle se dote des moyens nécessaires (avec les risques propres à toute contractualisation).

La délégation dans la mise en œuvre des politiques sociales doit permettre de passer du statut de simple prestataire de services à celui d’acteur-partenaire innovant et force de propositions.

— Développer les partenariats et les réseaux

L’Association construit sa mission de solidarité en lien avec les partenaires associatifs pour mettre en œuvre le principe de complémentarité des actions et non celui de la concurrence.

Elle s’inscrit dans des réseaux fédératifs d’économie d’intérêt, syndicaux, universitaires, de formation professionnelle pour que les confrontations, les ouvertures réinterrogent les pratiques et les certitudes.

IV – Le CODASE : un acteur pour des missions de délégations de service public, un employeur pour les réaliser

1/ Un pouvoir participatif

Le fonctionnement participatif propre à l’Association répond à l’a priori de confiance en l’autre. Cette conviction repose sur le fait que l’autre peut apporter, interpeller et donc aider à élaborer une décision opérationnelle comprise du plus grand nombre.

Le pouvoir participatif repose sur une large délégation (définie dans le règlement intérieur de l’Association) qui permet une marge de manœuvre à tous les échelons (président, conseil d’administration, administrateur délégué, directeur général, équipe de direction des établissements et services, salariés).

C’est dans la conscience de cet espace que la responsabilité et l’engagement sont possibles.

2/ Une gestion des ressources humaines négociée, inscrite dans un dialogue social permanent

L’entreprise associative est toujours à construire. Elle s’appuie sur des instances représentatives, sur la liaison permanente entre les administrateurs, les cadres, les salariés.

L’Association comme outil de travail est la propriété de tous et à ce titre, chacun porte sa part de responsabilité dans son bon fonctionnement.

Le climat social, le cadre de travail, le travail en équipes, la convivialité, la complémentarité des techniques sont des gages d’une intervention sociale et d’un accompagnement personnalisé de qualité.

Le sens des actions : Finalités

– Réduire la fracture sociale liée aux handicaps, à l’inadaptation, à l’exclusion et à la souffrance individuelle et sociale.

– Être une passerelle humaine fonctionnelle et technique pour faire vivre la solidarité au quotidien.

– Porter la parole des personnes en souffrance, en difficulté sociale et personnelle auprès de la Société et des instances politiques et administratives.

Ce projet associatif est d’une grande exigence. Sa mise en œuvre au jour le jour doit être l’occasion d’un approfondissement continu. L’urgence et l’usure du quotidien entraînent parfois l’érosion du sens de l’action.

À ce titre, le projet associatif doit être une sorte de vigie, garante d’une dynamique institutionnelle.

L’important reste :

– La dignité des personnes et à ce titre, réduire toute forme d’exclusion pour mieux vivre ensemble.

– L’engagement social et politique de l’Association et des professionnels dans la mise en œuvre des actions.

– Les valeurs de laïcité et d’humanisme dans une société multi-culturelle.

– Un débat constructif pour choisir les meilleures orientations et le meilleur développement pour les établissements et services de l’Association.

Mars 2009

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